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#Voyages : Paris City Guide n°1

dimanche 7 juillet 2019
L'histoire d'une famille hors du commun :

Juste à côté du Parc Monceau, se cache derrière une grande porte cochère un petit bijou d'architecture rempli d'histoire. Issus d'une grande famille de banquiers au sein de l'Empire Ottoman, les deux frères Abraham-Behor et Nissim s'installent à Paris à la fin du Second Empire (c'est à dire vers 1870). 

Le fils de Nissim, Moïse, se passionne pour le 18e siècle et entame une collection qu'il continuera à enrichir jusqu'à la fin de sa vie. Son cousin Isaac collectionne quant à lui des objets d'art asiatique, des estampes et des peintures impressionnistes. Il fera don de sa collection au Louvre juste avant la Première Guerre mondiale. 
Nissim de son côté fait adapter son hôtel particulier rue Monceau pour accueillir ses objets d'art. Il a deux enfants, Nissim et Béatrice
Son fils, soldat pendant la Première Guerre mondiale, meurt au front. Sa soeur continue de vivre rue Monceau et y fonde sa propre famille avec son mari Léon Reinach. La Seconde Guerre mondiale achève de détruire cette famille lorsque Béatrice, Léon et leurs deux enfants Fanny (22 ans) et Bertrand (20 ans) sont raflés et déportés en 1943 à Auschwitz dont aucun ne reviendra. La famille de Camondo est donc éteinte.
Pour en savoir plus sur chacun, je vous invite à aller sur le site du musée : ici



Ce qu'il y a à voir :

L'hôtel particulier est ainsi devenu un musée et je dois dire que c'est bien l'un des plus beaux musées que j'ai vus ! Il est rare de trouver un lieu aussi bien préservé et un patrimoine aussi bien respecté, car il faut savoir que les lieux n'ont quasiment pas changés depuis le départ des propriétaires. 

Les de Camondo ont au fil des générations enrichi la collection avec un nombre infini de gravures, de peintures, de meubles, tapis, et objets datant du 18e siècle. Si bien que le décor ressemble assez bien à celui que Marie-Antoinette a pu connaître en arrivant à Versailles. L'endroit est si grand qu'on se croirait dans un château, avec une quantité de pièces impressionnantes, toutes plus précieuses les unes que les autres.

J'ai posté ici de nombreuses photos, mais elles sont loin de montrer l'ensemble des salles. Il y a d'autres salons, bureaux, et même des salles de bain superbes. La vue des fenêtres donnent soit sur la cour d'honneur soit sur le Parc Monceau, autant dire, un véritable havre de paix à l'abri des regards.

Un côté très Downton Abbey :

Malgré toutes les richesses impressionnantes des étages supérieurs, l'une des pièces que j'ai préféré était la cuisine. Il n'est pas courant en effet de trouver les cuisines de ce genre de lieux, telles qu'elles étaient au 19e siècle. Et pourtant ici, tout est à sa place. L'énorme four de fonte noire, superbe, s'impose au centre de la cuisine, les casseroles de cuivre rutilant scintillent, alignées sur le mur de carrelage blanc, le téléphone du majordome n'a pas bougé et le couvert est mis à la table des domestique.
Sur ce point il est nécessaire d'applaudir les conservateurs du lieu, qui ont attaché autant d'importance à l'étage noble qu'aux pièces cachées du rez-de-chaussée, où travaillaient la journée les domestiques et les cuisiniers. J'apprécie particulièrement lorsque les petits détails sont placés avec soin pour que l'objet ou la pièce garde sa fonction première et ne soit pas un meuble, par exemple, vide et sans but.

Quand y aller et combien de temps faut-il prévoir :

L'hôtel particulier est immense et 1 heure n'est clairement pas suffisante pour tout voir en prenant son temps. Prévoyez au moins 2 heures, et vous pouvez même profiter du salon de thé avec jardin situé juste à côté, et qui donne sur la cour d'honneur. En raison de son dédale de couloirs, les visites ne sont plus possibles 30 minutes avant la fermeture me semble-t-il. Le musée est également fermé les lundi et mardi. C'est donc une promenade parfaite pour un dimanche !
Bonus : c'est gratuit pour les moins de 26 ans ! Sinon, le musée est sous la tutelle du musée des Arts Décoratifs rue de Rivoli, vous pouvez faire une pierre-deux-coups avec le billet commun.



C'est donc la première visite de ce City Guide parisien que je vous recommande. D'autres suivront ! Mais celle-ci est particulièrement belle, par ses collections et par l'histoire d'une famille au succès fulgurant avec, pourtant, un destin tragique.








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